« On a mal encaissé la fermeture de la maternité en 2006, et on voit les conséquences aujourd'hui, quand on ferme un service, les autres suivent », le ton est donné par Yvette Desgeorges, présidente de DEHBA. Si les membres de l'association se disent fatigués mais bien décidés à continuer, le problème est encore et toujours de mobiliser la population du bassin d'Ambert, 28 0000 habitants sont concernés. Des tracts ont été distribués le matin sur le marché. « On a adhéré à la coordination nationale de défense des maternités et hôpitaux publics de proximité, créée à Saint-Afrique en 2003, ça nous aide à savoir quelles actions engager. Nous avons rencontré le personnel de l'hôpital mais il est difficile d'avoir des informations, on a vécu sur des « on dit ».Les différents courriers à l'agence régionale d'hospitalisation, au ministère et à la DDASS sont restés sans réponse ». Lors des différentes rencontres avec les candidats aux législatives, tout le monde s'est dit vouloir conserver le système de santé.
Si la maternité a été transformée en centre de périnatalité, il n'y a plus de gynécologue depuis deux ans et seules les futures mamans peuvent trouver un suivi à Ambert.
Le service de psychiatrie, sans chef de service, est menacé, et le départ du docteur Monteillard, anesthésiste, « débauché » par le CHU, fragilise la chirurgie. La solution des intérimaires pose un problème de budget, un médecin anesthésiste en intérim coûtant 700 euros par jour ! « On est passé du serment d'Hippocrate au serment d'hypocrite », lance la présidente. « On a le droit à la santé comme ailleurs, on paie nos impôts ».
Mylène Chapuis, adjointe au maire d'Ambert est venue faire un compte rendu du conseil d'administration de l'hôpital qui a eu lieu l'après-midi même. « Il faut faire évoluer l'hôpital vers des services qui rapportent plus. L'hôpital a le droit à un déficit représentant 3,5% des produits, il est actuellement de 22% ! On suppose que la Cour des Comptes va être saisie. Si ce n'est pas le cas, on peut signer un contrat et s'engager à baisser le déficit de 20% par an durant 5 ans. Le projet commun avec Thiers semble être la seule solution, seuls, on ne s'en sortira pas. Le SMUR est financé par l'ARH à hauteur de 50% alors que l'accord de départ prévoyait une prise en charge à 100%, l'argent prévu pour le salaire des internes devait également venir de l'ARH par le biais du CHU, mais ils ne savent pas où est passé l'argent…L'hôpital finance donc lui-même ces salaires. On va essayer de maintenir le plus de choses possibles et surtout tenter de négocier. On vous donnera le plus d'informations possibles. Pour le problème des médecins anesthésistes, l'ARH finance les intérimaires jusqu'au 30 juin, ensuite les médecins de Thiers et Ambert travaillent sur un projet d'astreinte de 4 ou 5 jours par semaine et ceci jusqu'au 31 décembre date à laquelle le projet commun Thiers-Ambert doit être mis en place ».
Pour Daniel Dissard, conseiller municipal, « on parle de comptabilité mais pas de malades, on donne des sous au CHU, mais nous, on en voit pas la couleur ». D'ailleurs, pas de représentant des usagers au conseil d'administration, légalement, il n'y doit pas y avoir d'auditeur libre dans ce type de réunion.
Henri Joubert, adjoint au maire, propose la mise en place de six collectifs : élus, médecins libéraux et pharmaciens, médecins hospitaliers, paramédicaux, intersyndicale, associations groupées. Le rôle est de définir une stratégie pour faire pression sur les autorités de tutelle. « Il faut des référents dans chaque catégorie. Pour Christophe Vernet, trésorier, « c'est un peu tard, on veut faire évoluer pour rapporter quoi ? »
Le mot d'ordre est donc encore et toujours de mobiliser la population et conclusion d'André Chassaigne, député : « la difficulté, c'est qu'il n'y a pas d'opposition entre la volonté collective et ce qui se fait. Le pire serait le face à face avec Thiers, deux misères ne feront pas une richesse ».